L’ambition de l’Europe est désormais une ambition mondiale

Lors de l’édition spéciale 2021 de la Conférence de Munich sur la sécurité, la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a esquissé les axes de l’ambition mondiale de l’Europe reposant sur de nouvelles relations avec des États-Unis tournés vers l’extérieur. En écho, Joe Biden, pour son premier discours international, a annoncé « Permettez-moi de dissiper les doutes s’il en reste: les Etats-Unis vont étroitement collaborer avec nos partenaires de l’Union européenne (…) — de Rome à Riga — pour affronter les défis communs auxquels nous faisons face. » en précisant « Nous devons absolument démontrer que nos démocraties peuvent encore profiter à nos peuples ».

autour du changement climatique

Dans son discours, Ursula von der Leyen a présenté les axes de collaboration pour ce nouveau programme mondial.

« Je me souviens très bien, effectivement, de la promesse que Joe Biden a faite, il y a deux ans, lors de la conférence de Munich sur la sécurité: «Nous reviendrons!». Et en effet, comme nous venons de le voir et de l’entendre, les États-Unis sont de retour. Et, comme nous venons de l’entendre, plus engagés que jamais sur la scène mondiale. Le moment ne pouvait pas être mieux choisi pour cet engagement. La façon dont nous allons sortir de cette crise aura de profondes répercussions sur nos citoyens, sur nos économies, mais aussi sur le statut de notre alliance commune dans le monde de l’après-COVID-19.

Permettez-moi de vous donner deux exemples de ce qui pourrait guider notre nouveau programme mondial. Le premier exemple est celui du changement climatique. Le changement climatique est la prochaine crise qui nous guette après celle de la COVID-19. Et la perte de biodiversité est l’un des principaux facteurs des pandémies actuelles et potentiellement futures. Il y a plus d’un an, l’Europe a déclaré vouloir devenir le premier continent neutre pour le climat d’ici à 2050. Et, avec notre pacte vert pour l’Europe, notre intention est d’avoir déjà réduit les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % en 2030.

Mais, pour lutter efficacement contre le changement climatique mondial, nous avons besoin que d’autres fassent écho à nos ambitions. Et c’est le cas. De la Corée du Sud au Japon, de l’Afrique du Sud à la Chine. Et nous sommes très heureux que le président Biden ait décidé de réintégrer l’accord de Paris au tout premier jour de son mandat. Parce que les États-Unis sont notre partenaire naturel lorsqu’il s’agit de montrer la voie dans le domaine de l’action pour le climat au niveau mondial. Et je suis convaincue qu’un engagement transatlantique commun en faveur d’une trajectoire permettant de parvenir à un niveau zéro d’émission nette d’ici à 2050 ferait de la neutralité climatique une nouvelle référence mondiale. Le message viendrait à point nommé dans la perspective de la COP 26, la prochaine conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui se tiendra cette année à Glasgow. Nous venons de l’entendre, je salue également l’initiative du président Biden d’accueillir un sommet des dirigeants pour le climat à l’occasion de la Journée de la Terre. Parce que le moment est venu d’agir.

… du numérique et de la protection de nos démocraties

« Ceci est également valable s’agissant du monde numérique et de son incidence sur nos démocraties. Et ce sera mon deuxième exemple. L’assaut du Capitole aux États-Unis a marqué un tournant dans notre réflexion sur l’impact des médias sociaux sur nos démocraties. Voilà ce qui se passe lorsque des mots poussent à l’action. Dans un monde où les opinions polarisantes sont les plus susceptibles d’être entendues, le pas est vite franchi entre des théories du complot simplistes et la mort de policiers.

En décembre, la Commission a lancé un nouveau cadre européen pour le marché numérique: la législation sur les services numériques et la législation sur les marchés numériques. Bien entendu, imposer des limites démocratiques au pouvoir incontrôlé des grandes entreprises technologiques ne mettra pas fin à la violence politique. Mais c’est une étape importante. Fondamentalement, nous voulons nous assurer que ce qui est illicite hors ligne l’est aussi en ligne. Et nous voulons définir des exigences claires pour que les entreprises de l’internet assument la responsabilité des contenus qu’elles diffusent, promeuvent et suppriment. Parce ce que nous ne pouvons simplement admettre que des décisions qui ont une incidence considérable sur nos démocraties soient prises par des programmes informatiques sans supervision humaine ou au sein des conseils d’administration de la Silicon Valley. La dernière décision de Facebook concernant l’Australie n’en est qu’une preuve supplémentaire.

Aujourd’hui, je souhaite inviter nos amis américains à participer à nos initiatives. Ensemble, nous pourrions créer un corpus réglementaire de l’économie numérique qui soit applicable dans le monde entier. Un ensemble de règles fondées sur nos valeurs: les droits de l’homme et le pluralisme, l’inclusion et la protection de la vie privée. Nous devons unir nos forces et protéger ces valeurs avec toute notre énergie.

sur l’ensemble de la scène mondiale

« La Chine, qui s’affirme chaque jour davantage, a connu une croissance économique robuste en 2020 et ce, malgré la pandémie. La Russie quant à elle, de plus en plus défiante, continue de violer les règles internationales sur son territoire et à l’étranger, malgré les protestations croissantes de ses propres citoyens. Il nous appartient, à nous États-Unis et Europe, de renforcer à nouveau notre coopération. En tant que partenaires reconnus et dignes de confiance. En tant qu’alliés indispensables. Main dans la main. Car si nous montrons la voie, nous faisons plus qu’unir nos forces. C’est un signal que nous donnons au monde. »