Le 3 février, à la veille de la Journée mondiale contre le cancer, la Commission européenne présente le plan européen pour vaincre le cancer, qui constitue une priorité essentielle dans le domaine de la santé de la Commission von der Leyen et un élément clé pour une Union européenne de la santé forte. En se fondant sur les nouvelles technologies, la recherche et l’innovation, le plan cancer définit une nouvelle approche de l’Union en matière de prévention, de traitement et de soins du cancer. Il appréhendera l’ensemble de la prise en charge de la maladie, de la prévention à la qualité de vie des patients atteints d’un cancer et des personnes ayant survécu au cancer, en se concentrant sur les mesures pour lesquelles l’Union peut apporter la plus grande valeur ajoutée.

Le plan européen pour vaincre le cancer s’appuiera sur des mesures englobant tous les domaines d’actions, de l’emploi à l’éducation, en passant par la politique sociale et l’égalité, la commercialisation, l’agriculture, l’énergie, l’environnement et le climat, les transports, la politique de cohésion et la fiscalité.

Quatre domaines d’action clés

Le plan cancer s’articule autour de quatre domaines d’action clés comprenant 10 initiatives phares et de multiples mesures de soutien. Il sera mis en œuvre à l’aide de l’ensemble des instruments de financement de la Commission, un montant total de 4 milliards d’euros étant réservé aux actions de lutte contre le cancer, notamment au titre des programmes «L’UE pour la santé», «Horizon Europe» et du programme pour une Europe numérique.

  • La prévention grâce à des mesures portant sur les principaux facteurs de risque tels que le tabac – l’objectif étant de faire en sorte que moins de 5 % de la population consomme du tabac d’ici à 2040 –, la consommation nocive d’alcool, la pollution de l’environnement et les substances dangereuses. En outre, la campagne «HealthyLifestyle4All» (un mode de vie sain pour tous) fera la promotion d’une alimentation saine et de l’activité physique. Pour prévenir les cancers causés par des infections, l’objectif du plan cancer est de vacciner au moins 90 % de la population cible de filles dans l’Union et d’accroître sensiblement la vaccination chez les garçons d’ici à 2030.
  • La détection précoce du cancer grâce à l’amélioration de l’accès aux diagnostics et de la qualité de ceux-ci et à l’aide apportée aux États membres pour faire en sorte que 90 % de la population de l’Union remplissant les conditions requises pour le dépistage du cancer du sein, du col de l’utérus et du cancer colorectal se voient proposer un dépistage d’ici à 2025. Pour y parvenir, un nouveau programme de dépistage du cancer cofinancé par l’Union sera proposé.
  • Le diagnostic et le traitement grâce à des mesures visant à mettre en place des soins mieux intégrés et plus globaux et à remédier à l’inégalité d’accès à des soins et des médicaments de qualité. D’ici à 2030, 90 % des patients admissibles devraient avoir accès aux centres intégrés de cancérologie nationaux reliés par un nouveau réseau européen. En outre, une nouvelle initiative «Diagnostic et traitement du cancer pour tous» sera lancée d’ici à la fin 2021 afin d’améliorer l’accès à des diagnostics et des traitements innovants du cancer, et une initiative européenne pour comprendre le cancer (UNCAN.eu) contribuera à repérer les personnes qui présentent un risque élevé de développer les cancers courants.
  • Améliorer la qualité de vie des patients atteints d’un cancer et des personnes ayant survécu au cancer, notamment en ce qui concerne la réadaptation, la récurrence éventuelle de tumeurs, les maladies métastatiques et les mesures visant à soutenir l’intégration sociale et la réinsertion professionnelle. Une initiative «Une meilleure vie pour les patients atteints d’un cancer» sera lancée, et se concentrera sur les soins de suivi.

En outre, pour soutenir les nouvelles technologies, la recherche et l’innovation, un nouveau Centre de connaissances sur le cancer sera fondé afin de contribuer à la coordination des initiatives scientifiques et techniques liées au cancer à l’échelle de l’Union. Une «initiative européenne en matière d’imagerie sur le cancer» sera mise en place pour soutenir le développement de nouveaux outils assistés par ordinateur afin d’améliorer la médecine personnalisée et les solutions innovantes.

Une attention particulière sera accordée aux enfants, grâce au lancement de l’initiative «Venir en aide aux enfants atteints d’un cancer» afin de garantir aux enfants un accès rapide et optimal à la détection, au diagnostic, au traitement et aux soins. Enfin, pour identifier les tendances, les disparités et les inégalités entre les États membres et les régions, un registre des inégalités face au cancer sera créé en 2021.

Plusieurs membres du collège se sont exprimés à ce sujet:

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré: «En 2020, alors que nous luttions tous contre la pandémie de COVID-19, beaucoup d’entre nous livraient une lutte silencieuse: celle contre le cancer. En 2020, nous avons perdu 1,3 million d’Européens à cause de cette maladie. Et malheureusement, le nombre de cas est en augmentation. C’est pourquoi nous présentons aujourd’hui le plan européen pour vaincre le cancer. La lutte de ceux qui se battent contre le cancer est également le combat de tous en Europe.»

Margaritis Schinas, vice-président de la Commission européenne, a déclaré pour sa part: «Nous honorons l’une des promesses principales de cette Commission, et présentons aujourd’hui un plan anthropocentrique pour lutter contre le cancer qui aborde tous les aspects: la prévention, le diagnostic, le traitement et la survie. Ce plan est unique car il repose sur une approche d’«intégration des questions de santé dans toutes les politiques», qui fédère toutes les actions autour d’un objectif commun, vaincre le cancer. Le plan concerne la santé, mais il va au-delà de la politique de santé. Il s’agit d’un effort de l’ensemble de la société. Dans une union européenne de la santé forte, le cancer devient une priorité politique, opérationnelle et scientifique commune».

Stella Kyriakides, commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, a indiqué quant à elle: «Il en va avant tout des personnes. Il s’agit de célébrer et de renforcer la résilience et de traiter le cancer comme une maladie qui peut et doit être surmontée. Une Union européenne de la santé forte est une Union dans laquelle les citoyens sont protégés contre les cancers évitables, dans laquelle ils ont accès à un dépistage et à un diagnostic précoces et dans laquelle chacun a accès à des soins de qualité, à chaque étape du parcours. C’est ce que nous voulons réaliser avec notre plan cancer: obtenir des retombées concrètes dans le domaine des soins du cancer pour les années à venir. Pour moi, ce n’est pas seulement un engagement politique, c’est un engagement personnel».

Réactions au Parlement européen

La commission spéciale du Parlement sur la lutte contre le cancer (BECA) a soutenu dès hier les efforts de l’UE pour combattre la maladie (cf. communiqué)

Le président de la commission spéciale, Bartosz Arłukowicz (PPE, PL), a déclaré: ‘‘La lutte contre le cancer figure ces dernières années en bonne place dans l’agenda du Parlement et s’est concrétisée par la création de cette commission spéciale sur la lutte contre le cancer. En pleine pandémie de COVID-19, nous ne devons pas oublier une maladie qui tue chaque année 1,3 million d’Européens et pour laquelle il n’existe aucune vaccination susceptible de l’éliminer.

Nous voulons entreprendre l’immense tâche de battre le cancer ensemble, en tant qu’Union. Le partage du savoir et des données, le soutien aux programmes de dépistage, le cofinancement des vaccins contre le virus du papillome humain (VPH) font partie des nombreuses étapes que nous n’hésiterons pas à franchir pour enfin battre le cancer. Faisons-le ensemble et prenons cet ambitieux projet à bras le corps. Notre Union peut battre le cancer.’’

La rapporteure de la commission spéciale, Véronique Trillet-Lenoir (Renew Europe, FR), a déclaré: « Le cancer est une maladie d’injustice sociale. Nous sommes inégaux en termes de prévention, inégalement protégés contre les cancérigènes environnementaux, inégalement éduqués en matière de comportements à risque, inégalement armés contre la désinformation. D’un pays à l’autre en Europe, nous sommes aussi inégaux en termes d’accès rapide à des soins de qualité. Enfin, après la maladie, nous sommes inégaux dans nos capacités à retrouver un emploi, une indépendance financière et une vie sociale et affective harmonieuse. Pour ces raisons, je soutiens pleinement la création d’un registre des inégalités en matière de cancer afin d’identifier les défis et les domaines d’action spécifiques aux niveaux européen et national« .

Contexte

En 2020, la maladie a été diagnostiquée chez 2,7 millions de personnes dans l’Union européenne (UE) et elle a entraîné le décès de 1,3 million de personnes.

Le plan européen pour vaincre le cancer est un élément clé de l’Union européenne de la santé présentée par la présidente von der Leyen en novembre 2020, lorsqu’elle a appelé à une Union européenne plus sûre, résiliente et mieux préparée.

La lutte contre le cancer est inscrite dans l’action de l’Union depuis des décennies. Les actions de l’Union, particulièrement en matière de lutte antitabac (la Commission a publié aujourd’hui une nouvelle enquête sur les attitudes des Européens à l’égard du tabac et des cigarettes électroniques) et de protection contre les substances dangereuses, ont permis de sauver des vies et de prolonger de nombreuses vies. Toutefois, le dernier plan d’action européen global de lutte contre le cancer date du début des années 1990 et le traitement du cancer a connu des progrès considérables depuis lors, notamment grâce au soutien à la recherche et au développement (R & D) financé par le budget de l’Union.

Outre ses répercussions lourdes pour la vie des patients et de ceux qui les entourent, le cancer a une incidence considérable sur nos systèmes de santé, notre économie et la société dans son ensemble. Globalement, l’incidence économique du cancer en Europe est estimée à plus de 100 milliards d’euros par an.

En l’absence de mesures décisives, les cas de cancer devraient augmenter de presque 25 % d’ici à 2035 et devenir ainsi la principale cause de décès dans l’Union. En outre, la pandémie de COVID-19 a eu de graves répercussions sur le secteur des soins du cancer, qui se sont traduites par des perturbations dans les traitements, des retards de diagnostic et de vaccination, et un accès plus difficile aux médicaments.

Pour plus d’informations

Communication sur le Plan européen pour vaincre le cancer

Annexe à la communication sur le plan européen pour vaincre le cancer

MÉMO (questions-réponses)

fiche d’information

Page web du plan cancer

Eurobaromètre sur le tabac

Politique de l’UE en matière de lutte contre le cancer

Réaction face au coronavirus