Ce 5 novembre, la Commission européenne a présenté un nouveau paquet « Éducation et compétences » afin d’inverser la tendance à la baisse des compétences de base, d’aider les établissements scolaires à mettre l’intelligence artificielle (IA) et les technologies numériques au service de l’apprentissage et de remédier à la pénurie d’enseignants.

Le paquet s’articule autour de quatre priorités : améliorer les résultats en matière de compétences de base, tirer parti des outils numériques et de l’IA dans l’éducation, renforcer la profession enseignante et rendre l’enseignement et la formation professionnels (EFP) plus souples, plus stratégiques et mieux connectés. Il tient également compte de l’évolution des besoins du marché du travail, auxquels les systèmes éducatifs doivent mieux répondre afin de préserver la compétitivité et la résilience démocratique de l’Europe.

« Une Europe plus forte commence par des jeunes qui ont les moyens de réaliser leur potentiel. Nous aidons nos États membres à relever le niveau en matière de lecture et d’écriture, de mathématiques, de sciences, de compétences numériques et d’éducation à la citoyenneté. Nous veillons également à ce que les enfants acquièrent les compétences nécessaires pour utiliser l’IA en toute sécurité. Pour cela, il est essentiel qu’ils soient accompagnés par des enseignants bien formés. Ensemble, nous œuvrerons pour que les générations futures puissent s’épanouir. »

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne

Parmi les initiatives concrètes, la Commission a présenté une proposition de recommandation du Conseil sur l’inversion du recul des compétences de base. Cette recommandation propose de cibler les réformes et les investissements afin d’améliorer les résultats en matière de compétences de base, de donner aux établissements scolaires et aux enseignants l’autonomie nécessaire pour agir, de renforcer les pratiques fondées sur des données probantes et d’améliorer l’accompagnement au niveau des établissements.

Les alliances scolaires européennes réuniront des établissements scolaires et des autorités scolaires de différents États membres dans le cadre de partenariats à long terme visant à améliorer les résultats des élèves dans au moins une compétence de base. Chaque alliance disposera d’un plan d’amélioration assorti d’objectifs mesurables. Erasmus+ prépare déjà le lancement de ces alliances européennes d’écoles. Un soutien spécifique sera proposé aux établissements scolaires et aux autorités scolaires à partir de 2027, avec pour ambition de parvenir à la création de 100 alliances par an dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel.

À partir de 2027, le nouveau réseau de l’UE des services de conseil et d’accompagnement reliera les services nationaux et régionaux afin de renforcer le soutien pratique apporté aux établissements scolaires dans les domaines de la direction des établissements, du bien-être, de la préparation au numérique et à l’IA, ainsi que de la coopération avec les parents. En outre, 30 services régionaux seront mis en place avec le soutien financier d’Erasmus+.

Une utilisation meilleure et plus sûre des technologies numériques dans l’éducation

Le 3 novembre, à la demande de huit États membres fondateurs, la Commission a créé le consortium européen pour une infrastructure numérique dans le domaine de l’éducation (EDU-EDIC). Celui-ci renforcera la souveraineté technologique européenne dans le domaine de l’éducation et permettra de mettre en commun les ressources et les compétences nécessaires pour déployer des services numériques et des services d’IA fiables à destination des établissements scolaires, faciliter l’échange sécurisé de données entre les établissements d’enseignement et aider les entreprises européennes spécialisées dans les technologies éducatives (EdTech) à mieux répondre aux besoins des établissements scolaires dans toute l’Europe. Cette initiative renforcera les capacités propres de l’Europe et sa souveraineté technologique dans le domaine de l’éducation.

La Commission élaborera des acquis d’apprentissage de référence adaptés à l’âge des élèves ainsi que des orientations concernant l’évaluation de la maîtrise de l’IA, sur la base du cadre de l’UE et de l’OCDE relatif à la maîtrise de l’IA, et lancera un projet pilote de certificat de maîtrise de l’IA à destination des apprenants à partir de l’année scolaire 2027-2028.

En outre, dans le prolongement de la communication de 2026 sur une approche de l’UE en matière de sécurité des enfants en ligne, la Commission proposera un engagement européen en faveur d’un usage sain des écrans, qui fournira aux établissements scolaires, aux parents et aux élèves des outils et des orientations communs en matière de sécurité en ligne, de temps passé devant les écrans et d’équilibre entre vie en ligne et vie hors ligne.

Une profession enseignante plus attrayante et mieux accompagnée

La Commission a également présenté une proposition de recommandation du Conseil sur l’attractivité de la profession enseignante (programme de l’UE en faveur des enseignants). Elle invite les États membres à remédier à la pénurie d’enseignants en proposant des carrières et des conditions de travail attrayantes, en renforçant la formation initiale et le développement professionnel et en donnant aux enseignants les moyens d’agir dans le domaine de l’utilisation de l’IA.

Elle propose également de renforcer le dialogue européen avec la profession enseignante, en encourageant les États membres à inviter les partenaires sociaux européens du secteur de l’éducation et les représentants des enseignants à participer au groupe de haut niveau sur l’éducation et la formation. Le soutien de l’UE passera également par la nouvelle génération des académies des enseignants 2.0, qui cibleront, à partir de 2027, les enseignants débutants et les chefs d’établissement.

Un soutien renforcé de l’UE à la modernisation de l’enseignement et de la formation professionnels

L’enseignement et la formation professionnels (EFP) jouent un rôle essentiel pour doter les personnes des compétences nécessaires dans l’économie actuelle. Ils permettent aux apprenants d’acquérir des compétences pratiques directement utilisables dans le monde du travail, dans des secteurs où la demande de main-d’œuvre est forte, tels que l’énergie, l’industrie manufacturière, les soins de santé, la défense et la construction.

La stratégie européenne en matière d’EFP aidera les apprenants à acquérir les compétences qui stimulent l’innovation et la croissance, grâce à des formations aux technologies de pointe, et leur ouvrira l’accès à des carrières offrant des perspectives à long terme.

Parmi les principales initiatives figurent :

  • un accélérateur européen de formation sectoriel, dont un projet pilote sera lancé en 2027 afin de proposer des modules de formation courts et souples que les organismes d’EFP pourront intégrer dans les programmes nationaux. Ces modules seront élaborés avec des partenaires industriels et reposeront sur des normes de qualité communes ;
  • des partenariats entre entreprises et organismes d’EFP pour la création de nouveaux centres de formation, qui seront mis en place conjointement par des entreprises et des établissements d’EFP. À partir de 2028, ils aideront les entreprises, en particulier les PME, à recruter des travailleurs qualifiés et à déployer de nouvelles technologies ;
  • une plateforme européenne de mobilité, qui aidera les apprenants de l’EFP et les apprentis à trouver des possibilités de formation à l’étranger et accompagnera les entreprises et les établissements d’EFP dans l’organisation d’échanges de qualité.

Prochaines étapes

Le Conseil est invité à examiner et à adopter les deux recommandations du Conseil.

Le 20 novembre, la Commission organisera le sommet européen 2026 sur l’éducation et les compétences, qui marquera le lancement de la mise en œuvre du paquet avec les États membres, les partenaires sociaux, les réseaux d’établissements scolaires, les organisations d’enseignants, les entreprises du secteur des technologies éducatives et les représentants des élèves.

« Un jeune de 15 ans sur trois éprouve des difficultés en lecture et en mathématiques, et la tendance s’aggrave. Il ne s’agit pas seulement d’une question d’éducation : c’est une question de démocratie et de compétitivité, et c’est l’avenir même de l’Europe qui est en jeu. L’éducation doit devenir une priorité politique de premier plan partout. Avec ce paquet, nous demandons aux États membres de prendre des engagements et nous nous engageons, de notre côté, à les soutenir et à travailler avec eux. Les alliances européennes d’écoles aideront les établissements scolaires à apprendre les uns des autres ; un programme de l’UE en faveur des enseignants contribuera à faire de l’enseignement une profession que l’on souhaite exercer et dans laquelle on souhaite rester ; et une stratégie en matière d’EFP fera de la formation professionnelle un premier choix. L’avenir de l’Europe se construit d’abord dans les salles de classe. »

Roxana Mînzatu, vice-présidente exécutive chargée des droits sociaux et des compétences, des emplois de qualité et de la préparation

« Avec la création du consortium européen pour une infrastructure numérique dans le domaine de l’éducation, l’Union franchit une nouvelle étape vers la souveraineté technologique dans un secteur essentiel. Celui-ci permettra à nos enseignants et à nos élèves de disposer d’infrastructures numériques européennes fiables et sûres, notamment d’outils d’IA et de systèmes de gestion de l’information. Les entreprises européennes spécialisées dans les technologies éducatives bénéficieront également d’un soutien, de sorte que l’ensemble de l’écosystème puisse tirer parti de ce consortium. »

Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie

Contexte

La récente analyse de l’UE des résultats PISA 2025 montre que 33,9 % des jeunes Européens de 15 ans ont des résultats insuffisants en mathématiques, 31,3 % en lecture et 25,9 % en sciences. L’excellence est également en recul : en 2025, la proportion d’élèves très performants dans l’UE s’établissait à 4,8 % en lecture, à 6,4 % en sciences et à 6,8 % en mathématiques.

Le paquet « Éducation et compétences » contribue de manière importante à l’Union des compétences et vise à aider les États membres à atteindre les objectifs fixés à l’échelle de l’UE pour 2030. Ceux-ci consistent notamment à porter à au moins 12 % la proportion de jeunes de 15 ans obtenant les meilleurs résultats en lecture, en mathématiques et en sciences ; à ramener à moins de 15 % la proportion de jeunes de 15 ans ayant des résultats insuffisants dans ces trois domaines, ainsi que celle des élèves de huitième année de scolarité (âgés de 13 à 14 ans) ayant de faibles compétences en matière de culture numérique et informationnelle ; et à porter à au moins 25 % la proportion de jeunes de 15 ans issus de milieux socio-économiques défavorisés obtenant de bons résultats dans au moins une compétence (lecture, mathématiques ou sciences).

La stratégie en matière d’EFP s’appuie sur le cadre défini dans la recommandation du Conseil relative à l’enseignement et à la formation professionnels. Elle se concentre donc sur les domaines clés dans lesquels l’UE est la mieux placée pour soutenir les États membres dans leurs réformes et leurs politiques. Dans la déclaration de Herning de 2025, les États membres se sont déjà engagés à moderniser leurs systèmes d’EFP et à les rendre solides et adaptés aux défis de l’avenir.

Ces actions sont également conformes à la stratégie « Appliquer l’IA », qui vise à soutenir l’adoption de l’IA dans les principaux secteurs industriels stratégiques et dans le secteur public, y compris dans l’éducation.

Pour en savoir plus

Questions et réponses

Fiche d’information sur le paquet « Éducation et compétences »

Fiche d’information sur les compétences professionnelles au service d’une Europe compétitive

Paquet « Éducation et compétences »

Communication intitulée « Renforcer les fondements de l’éducation pour tous à l’ère de l’IA »

Proposition visant à inverser le recul des compétences de base

Proposition relative à une profession enseignante attrayante : le programme de l’UE en faveur des enseignants

Stratégie en matière d’enseignement et de formation professionnels pour la période 2026-2030