FEAD

Les Banques Alimentaires, les Restaurants du Cœur, la Croix Rouge française et le Secours Populaire (les quatre associations bénéficiaires des fonds européens avant redistribution à leurs réseaux et/ou antennes) sont mobilisés depuis des années pour défendre le maintien et l’augmentation du Fonds européen d’aide pour les plus démunis (FEAD). Alors que les Restos du cœur ont ouvert leurs portes le 23 novembre pour la campagne d’hiver et que la collecte de la Banque alimentaire de produits de première nécessité se déroulera du vendredi 27 au dimanche 29 novembre, les besoins explosent avec les conséquences de la crise sanitaire.

Une fin d’année difficile

Les associations d’aide alimentaire peinent non seulement à renouveler leurs stocks, largement entamés, mais aussi à recruter des bras pour les gérer et distribuer. Le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire, en France, est estimé en cette rentrée à plus de 8 millions de personnes, alors qu’il se situe autour de 5,5 millions en temps normal. Les besoins sont en augmentation car de nouvelles catégories sociales, jusqu’à présent épargnées, basculent dans la précarité. Pour la 1ère fois, la Banque alimentaire a procédé cette année à des achats de denrées alimentaires malgré des aides exceptionnelles de l’Etat ou de collectivités territoriales. La fin d’année s’annonçait difficile d’autant que de nombreuses incertitudes planaient sur le futur des aides européennes qui représentent environ le tiers de l’aide alimentaire délivrée en France.

L’aide alimentaire pérennisée dans le budget européen 2021-2017

Pour 2021-2027, l’Union européenne a prévu de regrouper plusieurs instruments financiers à vocation sociale, dont le FEAD, dans une nouvelle structure, le nouveau fonds social européen (FSE+) incluant les aides pour l’insertion, la formation, l’emploi des jeunes, l’accès aux soins….  Le 3 Novembre dernier, plusieurs membres du gouvernement (Clément Beaune, Julien Denormandie et Olivier Véran) et le Commissaire européen Nicolas Schmit ont rassuré les associations qui redoutaient une dilution (et une baisse) du Fonds européen d’aide aux plus démunis pour les années à venir. Cette « dilution » n’est plus à l’ordre du jour, l’instance nationale de concertation ayant officialisé depuis une programmation spécifique et des mesures de gestion simplifiées pour le FEAD.

et augmentée de 48% en France

L’enveloppe annoncée le 3 novembre de 869 millions pour la France sur la période 2021-2027, (contre 583 millions entre 2014 et 2020) correspond à une hausse de 48%. Ce total de 869 millions provient de trois sources distinctes :  90 millions de reliquats, 132 millions d’euros au titre du plan de relance européen pour les années 2020-2022 et 647 millions d’euros au titre du FSE+ pour les années 2021 à 2027.

Les quatre associations destinataires des fonds ont réagi dans un communiqué commun et ont salué « des annonces qui constituent une avancée majeure pour affronter la crise sociale ». Pour elles, ces décisions permettent en effet « de sauvegarder une politique d’aide alimentaire pour les sept ans à venir à l’échelle de l’Europe, et de consacrer en France des moyens supérieurs au budget précédent, alors qu’il y a quelques mois encore planait une menace de diminution drastique de ces fonds ».

L’urgence est cependant là et la solidarité du plus grand nombre est attendue pour ce week-end de collecte des banques alimentaires en France !