Date de publication

03/07/2018

Référence

NA-04-17-736-FR-N

Description

12 leçons sur l’Europe

Avant qu’elle ne se concrétise en un véritable projet politique, l’idée européenne resta limitée au cercle des philosophes et des visionnaires. La perspective des «États-Unis d’Europe», selon la formule de Victor Hugo, correspondait à un idéal humaniste et pacifique. Les tragiques conflits qui brisèrent le continent durant la première moitié du XXe siècle lui ont apporté un brutal démenti.

Il a fallu attendre les réflexions issues des mouvements de résistance au totalitarisme, pendant la Seconde Guerre mondiale, pour voir émerger un nouvel espoir: dépasser les antagonismes nationaux, créer les conditions d’une paix durable.
Une poignée d’hommes d’État courageux, tels Robert Schuman, Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi, Winston Churchill, se sont engagés entre 1945 et 1950 pour convaincre leurs peuples d’entrer dans une ère nouvelle: celle d’une organisation structurée de l’Europe de l’Ouest fondée sur des intérêts communs, garantie par des traités assurant l’égalité de chaque État et le respect du droit. Robert Schuman (ministre des affaires étrangères du gouvernement français) a repris une idée de Jean Monnet et, le 9 mai 1950, a proposé la création d’une Communauté européenne du charbon et de l’acier. Placer sous une autorité commune, la Haute Autorité, la production du charbon et de l’acier de pays autrefois ennemis avait une grande portée symbolique.


Les matériaux de la guerre se transformaient en instruments de réconciliation et de paix. La paix est aujourd’hui assurée entre les pays de l’Union européenne dont les populations vivent dans des démocraties régies par le droit et le respect des libertés fondamentales. Les pays de l’ex-Yougoslavie, qui se sont affrontés au début des années 90 dans de terribles conflits, ont adhéré à l’Union ou sont en train de s’y préparer.

Néanmoins, la paix n’est jamais un bien définitivement acquis. La montée des populismes, des extrémismes et des nationalismes s’attaque à l’Europe démocratique et à la légitimité même de l’intégration européenne depuis les années de crise économique et sociale qui accompagnent le début du XXIe siècle. Dans un certain nombre de pays de l’Union, on assiste à la tentation d’un repli identitaire qui s’oppose à l’intégration européenne et marque la défiance d’une partie de l’opinion et des électeurs à l’égard des institutions, aussi bien nationales qu’européennes. Le retour progressif de la croissance, qui devrait se traduire par la diminution du chômage, sera, s’il se confirme durablement et profite à l’ensemble des pays de l’Union, de nature à apaiser ces tensions.

Il reste aux gouvernements et aux institutions de l’Union à agir conjointement et efficacement pour favoriser le retour de la confiance des opinions publiques dans le projet européen en lui donnant un nouvel élan et en privilégiant l’action commune aux perspectives purement nationales.

 

 


En savoir +

Gratuit sur demande ou téléchargeable